Aujourd'hui
L’enceinte fut d’abord un bienfait pour la ville et ses habitants ; elle les protégeait contre les agresseurs. En refusant l’entrée dans la ville aux visiteurs hostiles, elle constituait une redoutable arme défensive qui en décourageait plus d’un. Ainsi, en 1703, le Chevalier Lacroix qui, à la tête d’un corps-franc, venait de prendre le fief de Vianden au nom de son maître, le roi Soleil, Louis XIV, lançait des escarmouches contre la Ville de Diekirch. Les vaillants défenseurs Diekirchois le repoussaient autant de fois qu’il dut se rendre à l’évidence que le courage et la résistance des Diekirchois étaient bien à la hauteur de l’enceinte. Le Chevalier Lacroix résigna en s’exclamant « Il faudrait couper bras et jambes aux habitants de Diekirch avant de pouvoir les subjuguer ». Ainsi naquit la renommée des « forts Diekirchois et fiers de l’être ».
L’enceinte fut ensuite un méfait pour la ville et ses habitants ; elle en empêchait l’expansion territoriale et l’évolution démographique. Blotties contre le pied de l’enceinte, les demeures mal chauffées et mal aérées étaient privées de la lumière du soleil qui venait se briser sur la ligne de faîte de la muraille culminant à 9 -11 m à partir des bas-fonds du fossé. Par temps de paix, les immondices étaient évacuées au moyen des ruisseaux qui traversaient la ville de haut en bas. Les conditions hygiéniques désastreuses, les maladies pestilentielles récurrentes et le taux de mortalité infantile très élevé qui en furent les conséquences empêchaient la population de se développer. En l’an 1898, le curé Martin BLUM publia aux fascicules « Ons Hémecht » une plaquette intitulée « Versuch einer kurz gefaßten Statistisch-Bürgerlichen Geschichte des Herzogtums Lützelburg » rédigée par son confrère, Dominik Constantin MUENCHEN, orginaire de Dudeldorf (village situé à 55 km de Diekirch et à 12 km de Bitburg), né en 1763 et décédé à Gand en 1818. Avant d’être nommé professeur de philosophie à l’université de Gand, il assuma avec plus ou moins de bonheur les charges de curé de Diekirch de 1793 à 1803 et fut même bourgmestre à Diekirch en l’an 1800. A son sujet BLUM écrivit : « Er hat das Vergnügen gehabt, zu sehen, daß das Dorf Ettelbrück durch seine Landstraße und seine Märkte ein wahres Städtchen geworden, indes die Stadt Diekirch das geblieben ist, was sie war, ein wüstes, schön eingemauertes Dorf ». La décision de raser le mur et de mettre en vente les fossés de la ville engendra un essor considérable de la Ville de Diekirch à partir du début du 19e siècle.
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Qu’il me soit permis pour terminer d’insister que le 750e Anniversaire de l’Affranchissement de la Ville de Diekirch n’est pas l’affaire d’un groupe d’initié(e)s. Au contraire, c’est l’affaire de toute la Ville de Diekirch, de l’administration communale de la Ville de Diekirch, des services techniques de la Ville de Diekirch et des services industriels de la Ville de Diekirch. Surtout et avant tout c’est l’affaire des habitants de Diekirch, des originaires de Diekirch, des amis de Diekirch, des associations de Diekirch, des visiteurs de Diekirch, des hôtes étrangers de Diekirch, des voisins de Diekirch.
Et, parbleu, c’est l’affaire de la Nordstad.

Paul BONERT
Échevin des Affaires Culturelles
Responsable du GdT-750